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Kunskapens källa och kunskapens styrka: Epistemisk konditionalis i franskan som evidentiellt och modalt grammatiskt uttryck
Uppsala University, Humanistisk-samhällsvetenskapliga vetenskapsområdet, Faculty of Languages, Department of Modern Languages. Romanska språk.
2004 (Swedish)In: Kungl. Humanistiska Vetenskaps-Samfundet i Uppsala. Årsbok.: Annales Societatis Litterarum Humaniorum Regiae Upsaliensis, ISSN 0349-0416, Vol. Årsbok 2002, 43-123 p.Article in journal (Other scientific) Published
Abstract [en]

La source du savoir et la force du savoir. Le conditionnel épistémique du français en tant que marqueur grammatical médiatif et modal

Dans cette étude, nous examinons un emploi particulier du conditionnel en français : le conditionnel épistémique (/Selon le porte-parole de l’Élysée,/ le président serait malade.). Cet emploi connaît une véritable pléthore de dénominations différentes dans la littérature grammaticale et linguistique : le conditionnel (a.) « journalistique », (b.) d’« altérité énonciative », (c.) de « citation », (d.) du « on-dit », (e.) des « ouï-dire », (f.) de l’« incertitude », (g.) du « probable », (h.) de la « non-prise en charge ». Nous essayons dans ce travail d’articuler les aspects sémantiques et pragmatiques du conditionnel épistémique que reflètent ces dénominations dans une théorisation cohérente, basée, du point de vue empirique, sur l’étude de corpus qui sont aussi bien « journalistique » (cf. a.) que scientifique et littéraire, tant écrits qu’oraux.

Étayée sur des considérations typologiques, l’hypothèse fondamentale que nous émettons dans cette étude est la suivante : le conditionnel épistémique est un marqueur grammatical mixte, médiatif et modal, qui exprime la source du savoir transmis par l’énoncé (médiation épistémique) (cf. b.-e.) et la force de ce savoir (modalisation épistémique) (cf. f.-h.). Le conditionnel épistémique indique, plus précisément, que le contenu épistémique médiatisé est emprunté à autrui (cf. b.-e.) et que le locuteur de l’énoncé refuse de prendre ce contenu en charge (cf. h.).

Cette hypothèse fondamentale, qui découle naturellement de notre analyse globale du conditionnel français, esquissée au début de ce travail, est élaborée à l’aide d’une analyse polyphonique du conditionnel épistémique. Selon cette analyse, trois instances discursives sont inscrites dans la signification invariante du conditionnel épistémique : l’instance modalisante, l’instance médiatisante et l’instance source.

L’instance modalisante (le « sujet modal », le « locuteur en tant que tel », le « locuteur de l’énoncé », l’« énonciateur ») opère une modalisation zéro du contenu emprunté de l’énoncé. La modalisation zéro est un refus de ”prendre en charge” ce contenu.

L’instance médiatisante (le « locuteur en tant qu’être du monde », le « locuteur metteur en scène », le « locuteur du discours ») est le sujet cognitif qui construit le discours. Cette instance, qui n’a pas de « voix » et qui, partant, ne peut modaliser, emprunte le contenu épistémique de l’énoncé à l’instance source, qui peut tout aussi bien être un tiers spécifique qu’une collectivité aux contours plus au moins précis, et elle met en scène l’instance modalisante qui opère la modalisation zéro de l’énoncé. En tant que sujet cognitif, l’instance médiatisante est dotée d’une attitude épistémique vis-à-vis du contenu médiatisé – « incertitude » (cf. f.) ou « certitude » –, état mental accessible à l’interprétant uniquement au cas où l’instance médiatisante aurait introduit des indices (ou une représentation) de cet état mental dans le contexte extérieur au domaine de médiation, séquence discursive qui transmet l’information empruntée.

L’instance source est responsable de l’énoncé primaire dont le contenu épistémique, plus précisément le dictum, est emprunté par l’instance médiatisante et soumis subséquemment à la modalisation zéro par l’instance modalisante. Le conditionnel épistémique relève donc de la médiation épistémique (l’« évidentialité », le « médiatif ») et non de la médiation énonciative (le « discours rapporté ») : ce qui est médiatisé par le discours rapporté n’est pas un contenu épistémique, mais un acte d’énonciation (avec son contenu épistémique). À ce propos les propriétés des cadres de discours introduits par des syntagmes prépositionnels du type Selon Y sont longuement discutées. Si le hic et nunc de l’acte d’énonciation primaire accompli par l’instance source n’est donc pas rendu par le conditionnel épistémique, ce marqueur fait pourtant allusion à cet acte, allusion qui est responsable de la valeur argumentative de nature modale du conditionnel épistémique. Cette valeur argumentative est d’orientation positive et tend vers le « probable » (cf. g.) et le « vrai » : Le président serait malade, *mais (de fait) il l’est.

En vertu de sa signification invariante, le conditionnel épistémique remplit de multiples fonctions pragmatiques de nature argumentative, discursive et rhétorique.

Du point de vue argumentatif, le conditionnel épistémique est convoqué dans le discours pour rendre possible la confirmation ou l’infirmation (directes ou indirectes) de sa valeur argumentative intrinsèque dans le contexte extérieur au domaine de médiation. En l’absence de toute confirmation ou infirmation de cette valeur argumentative intrinsèque, le conditionnel épistémique présente subrepticement le contenu médiatisé comme plutôt « vrai » ou du moins « probable », tout en permettant au locuteur de l’énoncé de refuser de prendre ce contenu en charge.

Du point de vue discursif, le conditionnel épistémique contribue à constituer et/ou à délimiter différents types d’unités textuelles (domaines de médiation, cadres de discours médiatifs et locatifs, domaines de discours médiatifs, diverses unités textuelles subordonnées aux cadres et domaines de discours).

Du point de vue rhétorique, le conditionnel épistémique crée des « effets » particuliers en exploitant la distanciation modale et médiative qu’accomplit ce marqueur grammatical.

Place, publisher, year, edition, pages
2004. Vol. Årsbok 2002, 43-123 p.
Keyword [en]
epistemisk modalitet, evidentialitet, konditionalis, franska, svenska, hjälpverb, typologi, semantik, pragmatik, polyfoni, anföring
National Category
Specific Languages Specific Languages General Language Studies and Linguistics
Identifiers
URN: urn:nbn:se:uu:diva-67057OAI: oai:DiVA.org:uu-67057DiVA: diva2:94968
Available from: 2004-10-14 Created: 2004-10-14 Last updated: 2018-01-10

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