Tableaux de maîtres et didascalies au XIXe siècle
2024 (French)Conference paper, Oral presentation with published abstract (Refereed)
Abstract [fr]
Les influences réciproques entre peinture et théâtre ont donné lieu, ne serait-ce que du côté francophone, à des recherches générales ou ciblées (Frantz, 1998 ; Burtin, 2008 ; Cogeval & Avanzi , 2009 ; Daniels, 2003 ; Ledda, 2011 ; Martin, 2013 ; Lefay, 2018 ; Castor et al., 2023). Il s’agira, dans cette communication, de proposer un autre type d’approche touchant à ces relations interartielles. À travers la prise en compte de la peinture, il est possible, en effet, d’orienter le regard vers les modalités de l’écriture didascalique et, à la clé, vers l’histoire de la représentation et de la mise en scène d’un grand nombre de pièces. Si les didascalies ont fait l’objet de nombreuses études dans lesquelles leur fonction à la fois prescriptive (en vue du passage à la scène) et narrative (pour l’imagination du lecteur) a été bien expliquée (entre autres par Thomasseau, 1984 ; Golopentia & Martinez-Thomas, 1994 ; Gallèpe, 1997 ; Calas et al., 2007), il reste encore beaucoup à dire sur les facteurs qui déterminent leur forme, d’une part, leur rapport à l’image et à l’imagination, d’autre part. En outre, leur valeur en tant que contribution à l’histoire du théâtre et de la mise en scène mérite des explorations supplémentaires. L’hypothèse que nous chercherons à vérifier est la suivante : dans une pièce, la dénotation, au sein du paratexte théâtral, du titre d’un tableau de maître – procédé assez répandu au XIXe siècle – a pu favoriser la concision du texte didascalique, et à tout le moins l’économie d’éléments descriptifs, à une époque où l’écriture scénique tendait au contraire se faire envahissante. Nous montrerons comment, tout en constituant une injonction à la fois précise et restrictive, la référence explicite à un tableau de maître peut perdre de sa force évocatoire au fil du temps, dès lors que le récepteur (lecteur, spectateur ou metteur en scène) ne (re)connaît pas (ou plus) le tableau-référent. Il revient donc à l’analyste et notamment à l’historien du théâtre de s’appuyer sur l’histoire de l’art et l’iconographie pour reconstituer le texte manquant et retrouver ainsi des indices susceptibles d’éclairer les conditions de la représentation. De fait, même en l’absence de documents d’archives relatifs à la mise en scène d’une pièce, et malgré le « silence » des didascalies, l’étude du référent pictural mentionné dans les indications scéniques permet de mesurer les enjeux de certaines séquences. Émergent de la sorte de nouvelles ressources pour interpréter le texte, sa symbolique, ses réseaux sémiotiques, etc., et pour mieux comprendre sa traduction visuelle sur les planches. En soumettant les textes aux tableaux leur correspondant, nous verrons grâce à quelques exemples tirés de pièces canoniques (comme des drames hugoliens ou dumasiens) ou de pièces oubliées (mélodrames historiques à succès joués sur les théâtres secondaires), que les savoirs sur l’écriture d’un grand nombre de pièces, d’une part, et les connaissances sur l’histoire de leur mise en scène, d’autre part, peuvent être augmentés. Ce faisant, nous apporterons quelques éléments nouveaux quant aux formes de l’écriture didascalique au XIXe siècle.
Place, publisher, year, edition, pages
2024.
Keywords [en]
Stage directions, Paratext, Romantic drama, Melodrama, Theatre history, Art history, Painting, Scenic art
Keywords [fr]
Décor théâtral, Didascalies, Dramaturgie romantique, Histoire du théâtre, Histoire de la mise en scène, Peinture, Paratexte, Romantisme théâtral
National Category
Art History Performing Arts Languages and Literature
Research subject
Literature; Aesthetics
Identifiers
URN: urn:nbn:se:uu:diva-545296OAI: oai:DiVA.org:uu-545296DiVA, id: diva2:1921229
Conference
XXIIe Congrès des Romanistes Scandinaves, Åbo/Turku (Finlande) https://sites.utu.fi/rom24/programme-2/
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